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Le cycle de l’eau potable avec le SIVOM

De la nappe à la rivière : le voyage d’une goutte d’eau avec le SIVOM

Ouvrir un robinet, remplir un verre d’eau ou tirer une chasse d’eau paraît parfaitement naturel. Pourtant, derrière chacun de ces gestes se trouve une chaîne technique complexe : protéger la ressource, capter l’eau, l’analyser, la traiter, la stocker, la distribuer, puis collecter et épurer les eaux usées avant leur retour dans le milieu naturel.

C’est le rôle du Syndicat Intercommunal à VOcation Multiple de l’Escotais : le SIVOM.

Les communes de Saint-Paterne-Racan et de Saint-Christophe-sur-le-Nais mettent en commun leurs moyens, leurs équipements et leurs compétences pour assurer un même service public : fournir une eau potable de qualité et traiter les eaux usées dans de bonnes conditions sanitaires et environnementales.

L’eau à l’état naturel est un bien commun. Elle n’est pas un produit fabriqué. La facture ne correspond donc pas au « prix de la goutte d’eau », mais au coût de toutes les opérations nécessaires pour la rendre disponible au robinet, surveiller sa qualité, entretenir les réseaux et la dépolluer après usage.

Captation de l'eau

L’eau souterraine est prélevée au moyen de puits et de forages :

  • Un puits capte généralement les niveaux les moins profonds de la nappe.
  • Un forage, plus étroit et souvent plus profond, traverse différentes couches géologiques pour atteindre un aquifère productif.

Ces ouvrages sont équipés de pompes. Leur débit ne peut pas être choisi au hasard : pomper trop fortement peut abaisser excessivement le niveau de la nappe, perturber les autres captages ou accélérer le vieillissement de l’ouvrage.

Des essais hydrauliques permettent donc de déterminer le débit que chaque puits ou forage peut fournir dans de bonnes conditions.

Les investigations réalisées en avril 2026 à la Planche Mercier illustrent ce travail :

  • Le forage F1 a été testé jusqu’à 35 m³ par heure, avec un débit critique estimé à 29,6 m³/h,
  • Le puits P2 a été testé à 10 m³/h,
  • Le puits P3 a été testé à 6,5 m³/h,
  • Le puits P1, plus ancien et en partie colmaté, présente en revanche une capacité d’exploitation limitée.

Ces valeurs sont des résultats d’essais : elles servent à définir les conditions d’exploitation et ne correspondent pas aux débits utilisés en permanence, un captage adapté à la consommation est planifié dans la journée.

Inspecter les puits, vérifier leurs ouvertures, mesurer leurs performances et entretenir les pompes font donc partie intégrante du service de l’eau.

Analyser et rendre l’eau potable

Une eau souterraine peut être limpide sans être automatiquement potable. Sa qualité doit être vérifiée par des prélèvements et des analyses : paramètres microbiologiques, nitrates, produits phytosanitaires, minéraux, pH, turbidité et autres substances réglementées.

Le traitement est ensuite adapté à la qualité de l’eau brute. Selon les besoins, il peut comprendre une aération, une filtration, une correction du pH, une adsorption sur charbon actif ou une désinfection. L’objectif n’est pas de multiplier les traitements, mais d’appliquer les opérations nécessaires pour garantir une eau conforme, stable et sans risque pour la santé. Pour exemple, nous ne faisons qu’ajouter un peu de chlore avant de monter l’eau château d’eau.

Des contrôles sont réalisés à plusieurs moments : sur l’eau brute, après traitement, dans les réservoirs et sur le réseau de distribution. Si un résultat évolue, le SIVOM adapte le fonctionnement des installations, recherche l’origine de la variation et peut renforcer la surveillance.

Stocker l’eau et la mettre sous pression

Une fois traitée, l’eau potable est envoyée vers :

  • Un château d’eau de 200+300m³ alimentant le réseau gravitaire,
  • Un réservoir de 250m³ en haut de la ZAC du Vigneau alimentant le réseau en surpression *

Contrairement à une idée répandue, le château d’eau ne sert pas seulement à stocker une réserve. Sa hauteur permet surtout de mettre le réseau sous pression : l’eau stockée en altitude exerce une pression sur les canalisations situées en contrebas. À titre indicatif, une différence de hauteur d’environ dix mètres produit approximativement un bar de pression. Le réseau gravitaire achemine l’eau à une pression de 8 bars et peut ainsi circuler par gravité jusqu’aux habitations, sans qu’une pompe ait à fonctionner devant chaque maison.

Le stockage joue également un rôle de tampon. Il absorbe les variations de consommation entre la nuit, les heures de pointe du matin et du soir, ou les périodes de forte chaleur. Il constitue aussi une réserve en cas d’incident temporaire sur un captage ou une pompe.

* Lorsque certaines maisons sont situées trop haut pour recevoir une pression suffisante, un surpresseur complète le dispositif. Cette installation remet localement l’eau sous pression afin que les usagers des secteurs élevés disposent du même niveau de service.

Distribuer l’eau et surveiller le réseau

Depuis le château d’eau, l’eau potable emprunte le réseau de distribution jusqu’aux branchements des abonnés. Sous les routes et les trottoirs se trouvent des kilomètres de canalisations, des vannes, des branchements, des dispositifs de régulation et des compteurs.

Le SIVOM doit surveiller ce patrimoine, rechercher les fuites, réparer les ruptures, renouveler les conduites vieillissantes et maintenir une pression suffisante. Les volumes prélevés au captage sont comparés aux volumes enregistrés chez les abonnés. L’écart permet notamment d’évaluer les pertes du réseau.

Le releveur de compteur joue ici un rôle plus important qu’il n’y paraît. Il ne se contente pas de noter un index pour établir une facture. Il peut repérer une consommation anormalement élevée, un compteur qui tourne alors que tous les robinets sont fermés, un branchement dégradé, un compteur inaccessible ou une anomalie susceptible de révéler une fuite.

Ses observations sont croisées avec les données des compteurs de production et, lorsqu’ils existent, des compteurs de sectorisation. Les équipes techniques peuvent alors resserrer progressivement la zone de recherche avant d’engager une réparation.

Après usage, collecter les eaux usées

L’eau potable utilisée pour la douche, les toilettes, la vaisselle ou le lavage devient une eau usée : elle rejoint un second réseau, entièrement distinct, celui de l’assainissement.

Ce réseau fonctionne autant que possible par gravité. Les canalisations sont posées avec une légère pente afin que les eaux usées s’écoulent naturellement vers la station d’épuration.

Le relief ne permet toutefois pas toujours un écoulement continu. Lorsqu’un point bas, une vallée ou une contre-pente interrompt le trajet, les eaux arrivent dans un poste de relevage, également appelé poste de refoulement. Des pompes les remontent jusqu’à un point plus élevé, à partir duquel l’écoulement gravitaire peut reprendre.

Le schéma directeur récent recense 25,4 km de réseaux d’assainissement gravitaires et 3,7 km de conduites de refoulement, soit un total d’environ 29 km. Huit postes de refoulement assurent le franchissement des points bas du territoire.

Ces ouvrages doivent être nettoyés, entretenus et surveillés. Une pompe bloquée par des lingettes, un amas de graisse ou un objet jeté dans les toilettes peut provoquer une mise en charge du réseau et, dans les situations les plus défavorables, un refoulement d’eaux usées. Les lingettes, même lorsqu’elles sont présentées comme biodégradables, ne doivent donc jamais être jetées dans les toilettes.

Épurer les eaux usées

Les eaux usées arrivent ensuite à la station d’épuration. Celle du SIVOM est dimensionnée pour environ 3 700 équivalents-habitants et une capacité hydraulique nominale de 579 m³ par jour. Elle utilise un procédé biologique à boues activées et rejette l’eau traitée dans l’Escotais.

À l’arrivée, le dégrillage retient les déchets les plus volumineux : lingettes, plastiques, textiles et autres objets qui pourraient endommager les pompes et d’autres prétraitements séparent les sables, les graviers, les huiles et les graisses.

L’eau rejoint ensuite le bassin d’aération. De l’air y est injecté afin d’apporter de l’oxygène à des micro-organismes naturellement présents dans les boues. Ces bactéries se nourrissent d’une grande partie de la pollution organique dissoute.

Le bassin fonctionne ainsi comme un écosystème contrôlé, dont il faut surveiller l’oxygénation, la température, la quantité de boues et la charge polluante.

Après ce traitement biologique vient la décantation. Dans un bassin plus calme, les boues se déposent au fond tandis que l’eau clarifiée reste en surface.

Une partie des boues est renvoyée vers le bassin d’aération afin de maintenir la population de micro-organismes. Le surplus est extrait pour constituer les boues d’épuration.

Ces boues sont épaissies, stockées et analysées puis valorisées en agriculture pour restituer au sol une partie de la matière organique et des éléments nutritifs, sous réserve d’un suivi rigoureux de leur qualité et des conditions d’épandage.

L’eau clarifiée fait, elle aussi, l’objet d’analyses avant son retour au milieu naturel. Les contrôles portent notamment sur la matière organique, les matières en suspension, l’azote et le phosphore. Lorsqu’un résultat ou un équipement présente une faiblesse, le SIVOM doit corriger le fonctionnement et programmer les travaux nécessaires.